Blog & Actualités

Taxes françaises sur les boissons sucrées

05 décembre 2023
3 min

La France a mis en place un régime fiscal sur les boissons non alcoolisées contenant des sucres ajoutés (sodas par exemple) ou des édulcorants de synthèse (comme certaines versions diététiques). Les taxes françaises sur les boissons sucrées visent à réduire la consommation de sucre, lutter contre les maladies liées aux déséquilibres nutritionnels et encourager des choix alimentaires plus sains. En augmentant le prix de ces produits, l’objectif est aussi de responsabiliser les industriels et inciter à revoir la composition de leurs formules

Chaque année, ce dispositif génère des revenus fiscaux qui contribuent au budget de l’État et soutiennent des actions de santé publique. La France figure parmi les premiers pays à avoir instauré ce type de fiscalité comportementale, souvent citée en rapport avec la lutte contre l’obésité et les maladies chroniques.

Découvrez les règles applicables en matière de taxes françaises sur les boissons non alcoolisées. 

 

Qu’est-ce que la taxe sur les boissons sucrées ?

Les taxes françaises sur les boissons sucrées comme les sodas sont imposées sur les boissons contenant des sucres ajoutés ou des substituts artificiels. Cette taxation vise à réduire la consommation de ces produits, à forte teneur en sucre. En instaurant cette taxe, la France entend répondre aux préoccupations de santé publique (maladies liées au sucre, obésité en France, etc.) tout en encourageant les industriels à revoir la composition de leurs produits. Pionnière en la matière, la France a mis en place l’une des premières contributions de ce type. Cette fiscalité comportementale entraîne une augmentation du prix de vente afin de décourager les consommateurs et de responsabiliser les industriels.

 

La réglementation française a mis en place deux taxes distinctes :

  • l’une sur les produits contenant des sucres ajoutés ;
  • l’autre ceux intégrant des substituts artificiels.

Ensemble, elles forment la taxe française sur les boissons sucrées.

 

Fonctionnement de la taxe soda

La taxe sur les boissons sucrées (souvent appelée « taxe soda ») repose sur un principe simple : plus une boisson contient de sucre, plus elle est taxée.

Ce mécanisme fiscal est basé sur une grille progressive, exprimée en euros par hectolitre, qui varie en fonction de la teneur en sucres ajoutés ou en édulcorants de synthèse. L’objectif est d’inciter les fabricants à réduire la quantité de sucre dans leurs produits et d’orienter les consommateurs vers des alternatives moins sucrées.

Concrètement, la taxe s’applique au moment de la première mise sur le marché en France, que ce soit lors de la fabrication, de l’importation ou de l’acquisition intracommunautaire. Elle est ensuite généralement répercutée dans le prix de vente final.

 

Le dispositif distingue deux contributions :

  • une taxe sur les boissons contenant des sucres ajoutés, avec un barème progressif selon la concentration en sucre ;
  • une taxe spécifique sur les boissons contenant des édulcorants de synthèse.

 

👉 Ce système incitatif a conduit de nombreux industriels à reformuler leurs recettes afin de réduire leur niveau de taxation.

 

Mise à jour 2026 : évolution des barèmes et impacts sur les prix

Depuis le 1er janvier 2026, les barèmes de la taxe sur les boissons sucrées ont été actualisés, notamment pour tenir compte de l’inflation et renforcer les objectifs de santé publique.

Le dispositif repose désormais sur une grille progressive plus marquée :

  • 4,07 €/hl pour les boissons contenant jusqu’à 5 kg de sucres ajoutés par hectolitre  
  • 21,38 €/hl pour celles comprises entre 5 et 8 kg/hl  
  • 35,63 €/hl au-delà de 8 kg/hl  

Concernant les boissons contenant des édulcorants de synthèse :

  • 4,5 €/hl lorsque la teneur est inférieure ou égale à 120 mg/l  
  • 6 €/hl au-delà de ce seuil  

Cette évolution renforce la logique comportementale du dispositif : les boissons les plus sucrées sont significativement plus taxées qu’auparavant.

 

Quelles boissons sont concernées par la taxe ?

La mise en œuvre de ces taxes comporte plusieurs éléments clés :

Les boissons taxables

  • Les boissons dites “sans alcool” ou les panachés
  • Les boissons relevant des codes NC 2009 (jus de fruits ou de légumes) et NC 2202 (eaux minérales et gazeuses enrichies en sucre ou en autres édulcorants) conditionnées dans des emballages de vente au détail (bouteilles, fûts, canettes, etc.)
  • Les sodas et boissons énergisantes contenant du sucre ou des substituts artificiels, quelle qu’en soit la quantité ;
  • Les boissons dont le titre alcoométrique n’excède pas 1,2 % vol. abv, ou 0,5 % vol. abv pour les bières.

Cela couvre aussi les jus sucrés ou aromatisés et les sirops concentrés dilués par le consommateur.

 

Les boissons exonérées par la taxe

Certains articles sont exclus :

  • Les préparations à base de lait, des yaourts, des sirops relevant des NC 1702 ou 2106, et des produits alcoolisés. Il est important de noter que ces dernières peuvent éventuellement être assujetties à la taxe sur les PREMIX dans certaines conditions, notamment lorsque leur composition inclut du sucre
  • Les soupes, potages ou bouillons
  • Les références délivrées sur prescription médicale
  • Les thés ou cafés servis dans des contenants (tasse, verre, bol, gobelet avec opercule par exemple), destinés à la consommation sur place dans un restaurant ou débit de boissons
  • Les préparations à base de soja avec un minimum de 2,9 % de protéines issues de la graine de soja
  • Les articles à bord des compagnies maritimes ou aériennes

 

Cas des boissons contenant des édulcorants

Les boissons contenant des édulcorants de synthèse (souvent commercialisées sous les appellations « light », « zero » ou « sans sucre ») sont également soumises à une taxation spécifique.

Contrairement aux boissons sucrées, cette taxe ne dépend pas de la teneur en sucre, mais du niveau d’édulcorants présents dans la boisson, exprimé en milligrammes par litre.

Depuis 2026, deux niveaux de taxation sont appliqués :

  • un tarif réduit pour les boissons faiblement édulcorées ;
  • un tarif majoré au-delà d’un certain seuil de concentration.

 

L’objectif est double : éviter un report massif vers les boissons édulcorées et encourager une réduction globale du goût sucré dans l’alimentation.

 

Quel est le montant de la contribution ?

Le gouvernement a ajusté ces taux au fil du temps pour refléter ses objectifs en matière de santé.

Les taxes sur les boissons sucrées ajoutées établissent les taux d’imposition en fonction de la teneur en sucre par hectolitre. Elle est également indexée sur l’inflation et s’ajoute à la TVA. Plus la teneur en sucre est élevée, plus le taux est important, à titre d’exemple :

  • en 2025, 3.50 €/hl pour les boissons contenant moins de 1 kg de sucre par hl
  • en 2025, 27.34€/hl pour ceux contenant 15 kg de sucre par hl

Les taux de la taxe sur les édulcorants sont, eux, fixés à 3,50 € par hectolitre.

 

 

Qui doit payer la taxe sur les boissons sucrées ?

Les fabricants, importateurs ou distributeurs des produits taxés sont responsables du calcul, de la collecte et du versement de la taxe à la DGFIP (Direction Générale des Finances Publiques).

L’exigibilité est concomitante au fait générateur. Dans la pratique, il s’agit généralement de la première vente des produits imposables réalisée par le fabricant, ou par la personne qui les introduit en France.

 

La taxation du sucre représente une étape cruciale dans la lutte contre les problèmes de santé publique liés à une consommation excessive de sucre. En effet, le gouvernement, dans le cadre de ses objectifs en matière de santé, évalue et ajuste les taux de taxation. Ainsi, il est recommandé aux opérateurs de vérifier attentivement le caractère imposable de ces taxes sur les boissons sucrées dans leurs opérations, afin d’éviter toute élusion de taxe.

 

Les contributions sur les boissons édulcorées et les boissons sucrées doivent être payées par les entreprises qui livrent les boissons en France : 

  • les fabricants français qui livrent à titre onéreux ou gratuit sur le marché français 
  • les entreprises établis dans l’UE qui expédient en français des boissons sucrées
  • les établissement de restaurant

 

Votre société est active dans le secteur des boissons sucrées ou édulcorées ?

Contactez-nous si vous souhaitez confier ce reporting à un représentant fiscal qui métrise ces spécificités.

 

 

Comment déclarer et payer cette taxe ?

Ces contributions sont à déclarer à payer en complément de la TVA en fonction du régime d’imposition de la société : 

  • Pour le contribuable soumis au régime normal de TVA : déclaration via le formulaire n°3310-A, qui doit être déposé pour le mois ou le trimestre au cours duquel la taxe est devenue exigible.
  • Pour le contribuable relevant du régime simplifié d’imposition de TVA, la déclaration se fera sur le formulaire n°3517-S, à déposer pour l’exercice durant lequel la taxe est devenue exigible.
  • Pour les autres contribuables : la déclaration se fait sur formulaire n°3310-A, à remettre au plus tard le 25 avril de l’année suivant celle durant laquelle la taxe est devenue exigible.

 

 

Quels enjeux fiscaux pour les entreprises ,

La taxe sur les boissons sucrées représente un enjeu fiscal et stratégique majeur pour les entreprises du secteur agroalimentaire : 

  • une hausse du prix de vente des sodas et boissons énergisantes les plus sucrées  
  • une pression accrue sur les industriels pour reformuler leurs produits  
  • un développement des gammes “sans sucre” ou à faible teneur en sucre  
  • une complexité déclarative à maîtriser 

 

Dans certains cas, cette hausse peut représenter plusieurs dizaines de centimes par litre, impactant directement les marges ou les prix consommateurs.

 

 

👉 L’accompagnement par un expert en fiscalité indirecte permet de limiter les risques et d’optimiser la gestion de ces taxes.

 

Quel taux de TVA s’applique aux boissons sucrées ?

Le taux de la TVA applicable aux boissons non alcoolisées est le suivant :

  • 5,5 % si elles sont servies dans des contenants permettant leur conservation, tels que des bouteilles, cannettes ou briques.
  • 10 % si elles sont destinées à être emportées pour une consommation immédiate et servies dans des contenants ne permettant pas leur conservation, comme des gobelets ou des tasses en carton ou plastique.

 

Votre société est active dans le secteur des boissons sucrées ou édulcorées ? FISCALEAD vous aide dans les déclarations et paiements de taxes indirectes (TVA, accises, douane…)

Contactez-nous si vous souhaitez confier ce reporting à un représentant fiscal qui maîtrise ces spécificités.

Nous contacter

D’autres sujets qui pourraient vous intéresser